Synopsis
Basta, Ugo Ulive, 21’-1970 -Venezuela
Inédit en France, Basta est un chef d’oeuvre méconnu, digne de figurer dans l’anthologie d’Amos Vogel, Film as a Subversive Art. Le film nous confronte à un univers angoissant et cauchemardesque (asile psychiatrique, autopsie dans une morgue, ville dénaturée par la publicité agressive), entrecoupé d’images de guérilla.
Ugo Ulive est un grand metteur en scène de théâtre, il a aussi tourné des films en Uruguay (son pays d’origine) tels que Como el Uruguay no hay en 1960 (considéré comme la « première satire politique en Amérique latine »), à Cuba (Crónica cubana, 1963) et au Venezuela (Caracas dos o tres cosas, Diamantes, TO3).
Now, Santiago Álvarez, 5’ - 1965 - Cuba
Souvent décrit comme l’un des premiers vidéo-clips, ce court-métrage incendiaire de Santiago Álvarez est uniquement constitué de photographies et de bouts de séquences d’actualité. Tout le génie du montage apparaît dès les premières secondes, dans la manière de lier les images au rythme de la chanson de Lena Horne.
Santiago Álvarez (Cuba) a dirigé les actualité scubaines pendant de nombreuses années. Godard lui a rendu hommage en lui dédiant le deuxième volet de ses Histoire(s) du cinéma.
Me gustan los estudiantes, Mario Handler, 6’ - 1968 - Uruguay
Dans ce court métrage, Mario Handler alterne des scènes montrant la visite officielle du président des États-Unis (Lyndon Johnson) en Uruguay, avec des scènes de violentes altercations entre les manifestants étudiants et la police. Un classique du film militant : la projection du film en 1968 à Montevideo a déclenché une émeute, peu de temps avant le « Mai français ».
Mario Handler (Uruguay) est l’un des pionniers du cinéma critique et engagé en Uruguay et ses premiers films (Carlos, le portrait d’un clochard, Liber Arce Liberarse) l’ont progressivement rendu suspect auprès des autorités puis contraint à l’exil. Rentré en Uruguay, il tourne encore aujourd’hui.
En un barrio Viejo, Nicolás Guillén Landrián, 9’, 1963
Los del baile, Nicolás Guillén Landrián, 6’, 1965
Coffea Arábiga, Nicolás Guillén Landrián, 18’, 1968
Desde La Habana 1969, Nicolás Guillén Landrián, 18’-1971
- Cuba
« J’ai voulu faire un cinéma très subjectif, très personnel et très expérimental » confiait Nicolás Guillén Landrián. Depuis sa disparition en 2003 son oeuvre acquiert enfin la place qu’elle mérite. Nous présenterons plusieurs courts-métrages de différentes époques, représentatifs d’un artiste en perpétuelle recherche formelle.
Nicolás Guillén Landrián (Cuba) est sans doute l’un des documentaristes cubains les plus doués et les plus inventifs de sa génération. Son audace et son indépendance d’esprit lui valurent d’être arrêté puis« rééduqué » à plusieurs reprises. Plusieurs de ses films ont été perdus ou détruits. À la fin des années 1980, il est enfin autorisé à s’exiler.